
| De formation
flamande, mais issu de la culture allemande Michael Franke est en contraste évident avec
les intentions et les procédés de notre époque, qui, - par leur nature excentrique
errant sans but dans toutes les
directions et oubliant le principe que la forme du vase n'est pas déterminée par
l'argile, mais par la volonté de l'artisan -
semblent préférer "un moulage rapide en plâtre" aux savantes arabesques
d'albâtre. (Pound)
Loin des succès mondains faciles et des sentiers battus, Franke sait depuis
toujours que le chant ne
recherche pas prioritairement l'approbation de l'oreille et que la peinture ne doit pas
conforter l'ceil dans ses habitudes puisque l'un et l'autre ont pour but de provoquer la
métamorphose de notre être qui constitue le véritable objectif de tout acte rituel. Par
conséquent, la beauté des choses est pour lui objective: elle ne dépend du spectateur
que dans la mesure où il la reconnaît, mais elle est intrinsèque à l'objet regardé.
Gelui-ci est beau en soi indépendamment du fait que son genre nous plaise ou non.
Michael Franke utilise les mêmes techniques et procédés que jadis les grands maîtres
flamands pour
réaliser ses ceuvres.
"Mes tableaux", dit-il "sont le résultat de toute une série
d'expériences successives. Le premier pas est la
préparation du fond que j'essaie de rendre incisif et vibrant par l'emploi de produits
naturels que je mélange personnellement. En effet, je pense que l'artiste peut mieux
maîtriser les effets qu'il veut obtenir s'il élabore lui-même la piupart des couleurs,
des liants et des vernis qu'il utilise.
Quand je suis satisfait du fond, je commence les interventions chromatiques en procédant
du plus clair vers ie pjus foncé et en jouant sur les effets de transparence.
L'image finale est ainsi composée de couches superposées et de reflets de lumière. La
nature d'une
coujeur est individualisée par le caractère du pigment et sa propre luminosité
spécifique. |